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Le tourisme durable c’est d’abord un comportement avant d’être une production...

A la suite de constats scientifiques ou sociaux ou géopolitiques de toute sorte sur le climat ou la pauvreté, le monde associatif et quelques professionnels du tourisme ont soit développé des productions touristiques dites équitables ou solidaires, soit des productions plus proches de la nature et des hommes.

Compte tenu de la typologie des productions classiques balnéaires et autres, qui constituent l’offre touristique depuis des décennies, il est évident que cette nouvelle offre puisse effrayer les clients pour lesquels voyage rime avec confort, soleil, rêves, évasion etc..

Et ne souhaitent surtout pas être mêlés aux difficultés d’autres populations, ayant déjà bien à faire avec les leurs. C’est donc indirectement à ce tourisme responsable que répondent négativement les sondés et aucun jugement de valeur ne peut être fait quant à ce positionnement. Par contre le tourisme durable, avant d’être une production, c’est d’abord un comportement, voire pour nous, professionnels, une nouvelle déontologie.

 

Des processus de traçabilité dans le tourisme

 

En effet, à l’époque où tout allait bien, où les agences débordaient de clients, n’importe quel quidam sans qualification s’improvisait opérateur touristique, les marchands de tapis de souks roulaient en Ferrari, et aucune préoccupation d’ordre écologique ou sociétal ne venait entraver cette course au bronzage.

Malgré une prise de conscience des consommateurs des nouvelles problématiques économiques et sociales, le tourisme est resté synonyme d’insouciance dans l’imaginaire des consommateurs.

Plusieurs enquêtes, statistiques à l’appui, font apparaître que les clients d’une part, n’ont pratiquement aucune demande en matière de tourisme responsable, et d’autre part ne se sentent pas concernés par cette thématique dans le domaine du voyage.

Forts de ces constats, les professionnels se mettent en accord total avec la réaction des clients à ces enquêtes et ne développent aucune stratégie de production en faveur du développement durable, appliquant l’adage : pas de demande, pas d’offre.

Hormis ce positionnement passéiste et peut-être imprudent, compte tenu des adaptations incontournables aux conjonctures qu’il faudra de toute façon faire, les clients comme nous, professionnels, et surtout enquêteurs, confondons deux choses : les produits issus du tourisme responsable et un comportement professionnel responsable.

 

Le tourisme durable, une nouvelle déontologie

 

Et s'ils voyagent beaucoup moins, ce n’est pas parce qu’ils se sentent coupables par rapport aux nouvelles conjonctures, mais parce qu’ils n’ont plus les moyens économiques de le faire.

Mais nous savons, nous, que les contextes ont changé, que les peuples se révoltent, que les forêts se raréfient, que les sites se dégradent, et ce sont ces critères qui mettent en danger notre profession et nous devons les prendre en compte dans notre façon de produire et de commercialiser notre offre.

L’industrie agroalimentaire, après plusieurs incidents sanitaires, s’est imposée de nouvelles règles concernant la traçabilité des aliments, et ces règles font partie d’une nouvelle déontologie vis-à-vis de ses clients.

Le tourisme doit aussi s’imposer de nouveaux processus de traçabilité concernant l’origine de ses achats et de ses collaborations, et cette démarche ne concerne pas les clients mais seulement les professionnels.

Quand les sondeurs poseront la question : « pensez vous que vos voyages doivent respecter des règles sanitaires, écologiques et sociales » , tout d’un coup le tourisme responsable deviendra l’affaire des clients et enfin la nôtre.

 

Source : Christian Orofino pour http://www.tourmag.com - Photo : fotolia